
Il aura fallu un corps sans vie pour que l’État daigne sortir de sa torpeur. Le communiqué publié ce 23 décembre par le Ministère de la Protection de l’Enfance, suite au décès tragique du jeune Loko Pascal Cameron (13 ans), résonne moins comme un message de compassion que comme un terrible aveu d’échec.

Pendant cinq longs jours, alors que la famille remuait ciel et terre à Nzeng-Ayong pour retrouver l’adolescent disparu le 18 décembre, le ministère est resté aux abonnés absents.
Aucun relai officiel, aucune alerte nationale, aucune mobilisation des services sociaux. Le silence radio était total.

Aujourd’hui, alors que le pire est arrivé, l’institution sort de l’ombre pour distribuer des « condoléances sincères » et des promesses de « fermeté » sur papier à en-tête.
Cette bureaucratie de la compassion est insupportable.
À quoi sert un ministère de la « Protection » s’il ne s’active que pour commenter les drames une fois qu’ils sont irréversibles ?
Comme le soulignent avec rage les citoyens sur la page officielle du ministère, les autorités sont « toujours dans la réaction ».

En attendant que la justice fasse son travail, le constat politique, lui, est déjà posé.
L’immobilisme du ministère suite à la disparition de Warren, relève de l’incompétence. Il ne protège pas, il constate.



